ACTUALITÉS

16 novembre 2022

La consigne comme autrefois ?

Le Fourgon est née en 2021 dans le Nord, rare région de France sans vignoble. Son concept ? Livrer à domicile des caisses de bouteilles consignées de tout ce que nous consommons de liquides : laits, jus de fruits, bières, sodas et vins. La consigne pour 12 bouteilles est de 5 €, avec une traçabilité parfaite pour leur nettoyage, assuré par une entreprise spécialisée. Pour Louise Motte, en charge du marketing, « tout le monde veut faire un geste pour la planète mais on a perdu l’habitude de la consigne ».
Le Fourgon s’est déjà implantée dans plusieurs métropoles avec, entre autres Lille, Dunkerque, Amiens, Lyon, Strasbourg. Elle profite de son déploiement pour étoffer son offre de vins avec 80 références disponibles. Dans la continuité de cette démarche, une réflexion se met peu à peu en marche, qui incite des vignerons à repenser l’éco-conception de leurs bouteilles, des étiquettes et des coiffes. La prise en compte des cartons d’emballage des vins, coûteux pour le producteur et jetés ensuite par le client, est aussi un argument de poids pour les professionnels comme pour les consommateurs soucieux d’environnement. Aujourd’hui, Le Fourgon a réutilisé plus de 2 millions de bouteilles auprès de 15 000 clients. Pour le vin, le nombre des 30 000 bouteilles sera bientôt franchi. Certes, une goutte d’eau dans une mer de production viticole mais ce sont bien les petites rivières qui font les grands fleuves…

 

9 novembre 2022

De pur produit agricole à pur produit marketing ?

Le Bordelais Hervé Berland a plus de 40 ans de carrière au sein des grands châteaux : directeur des propriétés des domaines du Groupe Baron Philippe de Rothschild (auquel appartient le Premier Grand Cru Classé Château Mouton Rothschild), puis des propriétés de la famille Bouygues avec, entre autres, les châteaux Montrose et Tronquoy Lalande à Saint-Estèphe, les domaines Clos Rougeard à Saumur Champigny, Henri Rebourseau à Gevrey-Chambertin et La Métairie à Cognac.
Depuis octobre dernier, il travaille pour son compte avec la création de sa propre société de consulting. Selon le communiqué transmis à la presse, Hervé Berland devient « consultant en grands vins » et  propose désormais son expertise avec « du conseil et accompagnement sur mesure en stratégie et développement de marque, création de valeur ajoutée, relation et fidélisation d’une clientèle premium internationale ». Une présentation qui laisse interrogatif sur la manière dont on envisage le vin sur ce segment très haut de gamme des vins de Bordeaux mais qui a le mérite d’annoncer la couleur : ces grands vins sont aujourd’hui des produits marketing dont les noms doivent sonner comme des marques rentables et pérennes, que des personnes très fortunées achèteront comme signes extérieurs de richesse, à l’image d’un sac Kelly Hermès ou d’une DateJust Rolex. Une vision totalement déconnectée du terroir, vocable qui sera certainement repris comme un bel argument marketing…

4 novembre 2022

Des appellations d’origine bientôt incontrôlables ?

Depuis 1936, nos appellations d’origine contrôlée inscrivent dans le marbre l’origine, la production et la typicité des vins français. Au fil des décennies, elles n’ont cessé d’évoluer, d’être modifiées, sans compter qu’avec l’amélioration des techniques viticoles et oenologiques et de la qualité des vins, de nouvelles AOC sont nées.
Actuellement, plus de 90% de nos vins bénéficient de l’AOC. Mais aujourd’hui, face au changement climatique qui, millésime après millésime, semble modifier les équilibres historique et culturel de nos vignobles, la question se pose du devenir de ces AOC. 
À lire cette excellente approche publiée sur le site de l’INRAE, l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement.

2 novembre 2022

VIGNOBLES INFOS 62, AUTOMNE 2022

Bordeaux et Bourgogne : les meilleurs ennemis ?

HISTOIRE : deux cultures pour deux géants
Un grand art du vin chacun à sa manière

DÉBAT : des frères d’armesDe passions rivales à frères d’armes

DÉGUSTATION : Bordeaux et BourgognesLe meilleur dans chaque catégorie

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27 octobre 2022

Bordeaux inspire la Bourgogne…

La Bourgogne du Sud avance dans sa conquête d’image et de nouveaux marchés.
L’Inao vient de reconnaître officiellement 4 nouveaux climats : « Les Mûres » en AOC Pouilly-Loché, « Les Longeay », « Les Quarts » et « Les Pétaux » en Pouilly-Vinzelles. En Côte d’Or, une partie de ces fameux climats est classée au Patrimoine de l’Unesco depuis 2015. En Bourgogne, unique au monde, cette notion très affinée du terroir où, d’une parcelle à une autre mitoyenne, les sols peuvent différer et donner des vins radicalement différents, inspire tous les autres vignobles qui misent aussi sur la valorisation de leurs vins par l’identification parcellaire et de lieux-dits.
L’étape suivante après cette reconnaissance est celle de la délimitation de zones de Premier Cru. Olivier Giroux, président de l’ODG des vins en Pouilly-Loché et Pouilly-Vinzelles a déclaré au sujet des vins concernés par ce classsement très attendu en Premier Cru : « Les cuvées en question sont reconnues particulièrement qualitatives au sein des appellations, et vendues plus cher depuis des décennies. »
Un point de vue qui n’est pas sans rappeler le lointain classement 1855 du Médoc, qui fait encore autorité de nos jours, et qui avait consacré Grands Crus Classés ceux reconnus qualitatifs et se vendant beaucoup plus cher que les autres.
Dans notre nouveau numéro de Vignobles Infos à paraître très bientôt, nous reviendrons en détail sur ces deux vignobles phares que sont La Bourgogne et le Bordelais en nous demandant si, au fond, ils sont aujourd’hui si différents… ? Cette approche ici de la hiérarchisation des vins de Bourgogne est un des éléments de réponse.

25 octobre 2022

Trier le bon grain de l’ivraie…

Avec 108 000  hectares, le vignoble de Bordeaux est le plus grand de France. Une partie de sa production de rouges est excédentaire, elle concerne les vins bon marché, pour lesquels nombre de petits châteaux n’ont plus les moyens de faire de la qualité – ou n’ont pas voulu la mettre en place sur leur vignoble, pensant que le seul nom de « Bordeaux » pouvait suffire à assurer des ventes. 

Dans ce contexte difficile pour ces propriétaires, et sous l’impulsion d’un collectif de vignerons, appuyé par la filière des vins de Bordeaux et le ministère de l’Agriculture, les professionnels concernés ont fixé le montant de l’arrachage des vignes à 10 000 euros l’hectare dès 2023, avec une perspective de 15 000 hectares arrachés.

Seul hic dans cette stratégie de crise, les surfaces concernées le seront sur le seul volontariat, sans changement possible de point de vue. Stéphane Gabard, président de l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) des appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur soit 55 000 hectares en AOC : 
« On a l’impression que la crise est très dure et touche plus d’opérateurs que lors des derniers arrachages de 2004-2006, à 15 000 €/ha il y avait eu 3 500 ha arrachés, quand on en visait 8 à 10 000. Il faut faire attention aux pronostics ».

Les vignes arrachées seront-elles celles qui posent problème ?

21 octobre 2022

Profitez encore de notre Foire aux Vins !

 

* Sommelière, Caroline Furstoss a exercé en France et à l’étranger, toujours dans des établissements prestigieux : L’Auberge de L’Ill *** à Illhaeusern, le restaurant du Hameau Albert 1er** à Chamonix, Apicius** à Paris ou de grands hôtels comme Le Méridien Dubaï et le Shangri-La Paris. En 2011, elle rejoint le chef multi-étoilé Jean-François Piège et devient sa Chef Sommelière. En 2014, elle est désignée « Sommelier de l’année » par ses pairs et le magazine Le Chef. Depuis 2009, elle est aussi membre du comité de dégustation de La Revue du Vin de France.

 

20 octobre 2022

Château Belgrave – Haut-Médoc – Millésime 2020

13 octobre 2022

Muriscu qui revient en Corse et merlot qui résiste à Bordeaux

Le 9 octobre, par un arrêté paru au Journal Officiel, les cépages corses anciens muriscu et muscatellu sont venus enrichir la liste des variétés classées pour le vignoble insulaire. Cette autorisation fait suite au travail du Centre de recherche viti-vinicole de la Corse. Par leur développement plus tardif, ces cépages autochtones, qui appartiennent au patrimoine ampélographique de l’île, apporteraient des réponses encourageantes aux problèmes hydriques et de chaleur dûs au réchauffement climatique. Par ailleurs, leur résistance serait également plus forte contre les maladies de la vigne telles l’oïdium, le mildiou et le black-rot. Il faudra bien sûr attendre le résultat des expérimentations de viticulture et de vinification pour envisager une multiplication et une mise en production à plus grande échelle de ces plants autorisés.
À Bordeaux, pour les mêmes raisons de changement climatique et de maladies que celui-ci génère, des expérimentations sur des cépages anciens ou hybrides sont menées depuis plusieurs années aussi. Or, après la récolte de ce millésime 2022 de tous les dangers en termes de chaleur et de stress hydrique, des observations de professionnels remontent du vignoble : le merlot, cépage roi du vignoble bordelais avec le cabernet-sauvignon, aurait résisté au-delà des espérances, avec des pH marqueurs d’acidité donc d’équilibre et avec une maturation phénolique de qualité et en donnant, en plus, de bons rendements. Quant aux sols de graves, identitaires des vins de Bordeaux, ils auraient limité le stress hydrique et donc freiné un degré alcoolique trop élevé des raisins.
Bien sûr, tout cela demande vérification dans les vins mais les premières impressions dans les cuves semblent confirmer ces constats à la vigne. De quoi rebattre les cartes pour savoir si, oui ou non, il faut repenser la plantation du vignoble bordelais, en grand ou… en petit !

11 octobre 2022

La Champagne se préserve des éoliennes

Dans notre actualité du 4 octobre dernier, nous relations les questions soulevées par le développement des énergies renouvelables encouragées par l’État souhaitant, entre autres, multiplier les parcs éoliens dans certaines zones paysagères françaises. L’une d’entre elles concernait le vignoble de Champagne avec un projet de 13 parcs éoliens dont 2 situés sur les territoires des communes de Pocancy et de Champigneul. Or, depuis le 4 juillet 2015, les coteaux, maisons et caves de Champagne sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette date a enclenché automatiquement une mission de surveillance à la fois par  l’Unseco et l’État pour « veiller à la préservation de l’intégrité et de l’authenticité des Coteaux, Maisons et Caves de Champagne afin d’éviter toute atteinte à la “valeur universelle exceptionnelle” (VUE) ». Dans ce cadre-là, une zone d’exclusion de 10 kilomètres des vignes et une zone de vigilance de 20 kilomètres pour toute éolienne quelle que soit sa hauteur, avaient été posées comme principes d’aménagement des parcs. Ajoutons que l’État lui-même avait, en plus, délimité précisément une zone paysagère des « secteurs dans lesquels toute implantation d’éoliennes, parce qu’elle porterait atteinte à la VUE du bien, doit être exclue ». Il se trouve que dans le projet du parc des secteurs Pocancy et de Champigneul, initié en 2014, les éoliennes affichaient « une hauteur maximale de 150 mètres en bout de pale, donc supérieure au dénivelé de terrain entre la plaine de la Champagne crayeuse et les plateaux de la Brie ». De quoi clairement « porter atteinte à l’intégrité et à l’authenticité du bien » par une visibilité incompatible avec celle des coteaux viticoles. 
Avait suivi une succession de péripéties administratives : en 2017, refus d’autorisation d’exploiter par le préfet de la Marne ; en 2019, annulation de ce refus par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne ; en 2021, annulation de ce jugement par la cour administrative d’appel de Nancy. Et en 2022, enfin, confirmation par le conseil d’État du refus préfectoral de 2017. La décision fait office de « validation définitive ».
Gageons que cette décision risque fort d’encourager d’autres initiatives pour limiter les nuisances et les conséquences des parcs éoliens sur nos paysages. Car un manque de vision couplé à un intérêt purement mercantile pourraient bien en faire la nouvelle pollution de demain…